Perspectives sur les systèmes de santé en Afrique de l'ouest

Perspectives sur les systèmes de santé en Afrique de l'ouest
19 novembre 2016

Virgil Lokossou, en entretien avec Pr Seni Kouanda

Pr Seni Kouanda est un Chercheur senior à l’Institut de Recherche en Sciences de la Santé et Enseignant au département de Santé Publique de la faculté de Médecine de l’Université de Ouagadougou au Burkina Faso. Ses domaines d’expertise sont la santé l’épidémiologie, la Santé Publique et la santé de la reproduction.

Selon vos perspectives de chercheur, sur quoi doivent mettre l’accent les pays de l’espace CEDEAO pour construire des systèmes de santé résilients et réactifs?

En matière de système de santé, on peut constater que globalement les pays africains, notamment ceux de la CEDEAO, ont un système de santé bien organisé théoriquement en partant du district sanitaire aux hôpitaux régionaux et nationaux (CHU). Mais le manquement le plus évident, c’est la faiblesse de la réactivité du système de santé par rapport aux problèmes de santé qui se posent. Ce qui pose effectivement le problème des compétences, des motivations des acteurs du système de santé ainsi que de la gouvernance.

Les pays doivent donc avoir une meilleure gouvernance du système de santé, ce qui suppose une redevabilité de tous. Quel que soit le niveau de décision dans lequel on est, on doit répondre de ses actes.

Il faut aussi du personnel compétent, c’est à dire bien formé dans toutes les disciplines cliniques, biologiques et de santé publique. Le personnel doit être aussi bien sanctionné que motivé quand il le faut à travers ses incitatifs non financiers et financiers.

Nous avions parlé d’intersectionalité comme approche de recherche pour comprendre et favoriser la résilience et la souplesse des systèmes de santé au cours de la deuxième journée du Symposium. Pour vous, qu’est ce qui est fait dans ce domaine en Afrique de l’Ouest?

Il faut qu’on comprenne que la santé n’est pas seulement l’affaire des médecins, ni des infirmiers ni des ministères de la santé seulement. Tant qu’on n’aura pas une vision holistique des questions de santé, on se trompera toujours. Quand le milieu est assaini grâce aux municipalités et aux ministères en charge de l’assainissement, cela va avoir un impact sur l’ampleur du paludisme. Mais je pense que cette vision manque globalement en Afrique même s’il y a quelques initiatives qui sont entreprises. Des tentatives sont faites pour mettre en place des hauts conseils de la santé qui relèvent du premier ministère afin de prendre en compte cette dimension de la santé.